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    August 24

    La vérité est comme l’Empire éponyme…Quelque part au Milieu.

    Ni Hao,

     

    Et bien voilà c’est terminé !

    Je suis en train de regarder la cérémonie de fermeture ébahi comme tout le monde de la beauté déployée aux pieds du monde.

     

    Soyons un peu franchouillards. Les français, en passant viennent de rafler leurs deux dernières médailles dont celle en Or au Handball masculin. « Les Experts », comme nous allons apprendre à les appeler, clôturent une quinzaine olympique française de belle facture. Nous avons égalé notre record de médaille, 40, datant de 1920 et 1924 (bien sûr si l’on écarte les JO de 1900 à Paris où nous avions remporté 91 médailles dans des disciplines tout à fait incongrues et oubliées depuis).

    Comme je l’ai écrit ici, je n’y vois pas un reflet exact de la santé sportive de notre nation mais plutôt une base de travail intéressante. Ce palmarès, tout imparfait qu’il soit nous montre des signes forts.

    Notre force dans des disciplines historiques telle que l’Escrime, le Judo ou la Natation. La confirmation olympique de notre suprématie mondiale dans certains sports. Je veux bien sûr parler du Handball.

    De très bonnes surprises comme dans la Boxe et dans la Lutte.

    Nous pouvons aussi nous réjouir d’être à la pointe de la modernité avec un joli carton dans cette nouvelle discipline venu de Californie : le BMX.

    Nous confirmons aussi que nous sommes un pays de marins avec de très belles médailles ramenées de la baie de Qingdao…

    Mais nous devons aussi nous pencher sur quelques signes d’alerte.

    Tout d’abord la grande déception de l’athlétisme et notamment du sprint. Avec de surcroît un sentiment de malaise débordant dans les médias…

    Ensuite le ratio des médailles Homme/Femme est très déséquilibré. A Athènes nous avions eu 33 médailles dont 15 féminines, à Pékin nous avons 40 médailles dont 7 seulement ramenées par des Dames. ..

    Deux façons de voir les choses qui ne sont d’ailleurs pas exclusives.

    Premièrement, ce décalage est peut-être révélateur d’une différence de traitement entre le sport masculin et le sport féminin.

    Cette différence de traitement est une évidence médiatique mais le monstre se retourne lui-même !

     En effet ce tableau des médailles dont les médias nous a rabâché les oreilles durant 15 jours ne fait pas la différence lui ! Une médaille de fille vaut autant qu’une médaille de garçon. J’avoue que cela rend ce tableau beaucoup plus sympathique. En effet, peut-être que médias et politiques, visant un peu plus loin que le bout de leur nez verront dans le sport féminin une moisson  de médailles à venir et du coup des places gagnées au classement référence et du coup toujours des disciplines à structurer et à développer...

    Ce décalage de médailles homme/femme peut aussi laisser rêveur. Les femmes ont failli dans certaines disciplines qui leur étaient promises, la natation, l’escrime, le judo…On se dit que si elles s’étaient rapprochées de leurs objectifs, si le ratio paritaire avait été un peu plus respecté, nous aurions fait un bond en avant au classement….Mais avec des « si » on mettrait Pékin en bouteille…
    Pour finir, ces JO laisseront le souvenir d’une Chine imposante. La grandiloquence des cérémonies d’ouverture et de fermeture, leur symbolique hégémonique, la terrible efficacité dans l’organisation infaillible et pour finir la razzia des médailles avec le chiffre fou de 100 médailles la classant devant les USA grâce aux médailles d’Or a positionné l’Empire du Milieu sur l’Echiquier géopolitique du Monde. L’image de la Chine a changé par ces jeux, les conséquences de ces changements sont à mesurer dans le temps…

    Il nous fallait une image illustrant le discours sur le Dragon de l’Asie, nous avons celle de ces jeux.

    A cet instant de leur histoire, après leur sorti du Maoïsme, leur résistance à la grande crise économique qui ébranla l’Asie dans les années 90 et leur passage au capitalisme, les Chinois, à travers cette incroyable réussite des JO de Pékin, ont franchi un nouveau palier.

    Certains s’en inquiéteront, d’autres s’en réjouiront. La vérité est comme l’Empire éponyme…Quelque part au Milieu.

     

    Lions-nous !

     

    Serge

     

                                                                                                                    .

    August 23

    le côté obscur de la boxe...

    Ni Hao,

     

    La boxe française est en train de vivre une très belle aventure à Pékin. Malgré la défaite indiscutable de Djelkhir Khédafi contre le redoutable Vasyl Lomachenko. Rappelons un peu le palmarès olympique ramené de Pékin (sans compter évidemment la médaille de Daouda Sow de demain). Il y a d’abord la médaille de bronze d’Alexis Vastine (64kg), l’argent de Khédafi aujourd’hui et puis Daouda demain…

    C’est sans conteste une très belle olympiade pour la boxe française. Mais ce n’est pas un hasard tant c’est le fruit d’une politique originale qu’il me plaît à souligner.

     

    Le Directeur Technique National, Dominique Nato est à l’origine d’une aventure remarquable. Nous sommes en 1994, la boxe française ramène deux médailles de bronze et  place six boxeurs en ¼ de finale de la Coupe du Monde. La boxe française est heureuse, la boxe française va bien. Mais Nato n’est pas homme à se complaire dans la facilité. Il décide avec son compère Charles Dumont (le DTN de l’époque) de tenter une aventure qui roule encore aujourd’hui. Ils se disent que le Judo français va au Japon pour  progresser. Alors pour progresser en boxe amateur, il décide d’aller à la Mecque de cette discipline : Cuba. Et oui Cuba, plus connue pour ses cigares, sa révolution et son barbu dictateur, Cuba est la référence en la matière.

    Pourquoi ?

    C’est une culture entraînant un nombre de pratiquants se comptant en dizaines de milliers. Fidel Castro lui-même a soutenu personnellement la boxe amateur. Ce sont les soviétiques qui ont importé ce sport dans les « années soixante » au plus fort de leur influence. Depuis elle n’a cessé de progresser malgré les défections régulières des boxeurs qui, profitant  des compétitions à l’étranger, désertent leur pays.

    Et dans ce pays il existe un entraîneur mythique Pedro Roque, 57 ans. Et bien Nato et Roque sont devenus amis, « frères » comme dit le français. Et depuis 14 ans les échanges perdurent. Chaque année soit les boxeurs français vont à Cuba soit les cubains viennent en France et en Corrèze plus particulièrement où se situe le centre d’entraînement.

    Cette histoire me plaît car elle symbolise pour moi une forme d’intelligence humaine qui devrait faire des émules.

    Nato en 94, au lieu de se contenter de sa réussite et de s’endormir décide de se remettre en cause. Chose rare. La remise  en cause arrive le plus souvent dans les moments de crises. Elle devient même, pour certains, une façon de gérer les crises.

    Non là c’est en haut de la vague qu’il remet à plat les choses. Ensuite le choix qu’il fait est fantastique. Il va chercher les compétences dans un ailleurs, reconnaissant ainsi ses propres limites. C’est une démarche humble, ouverte sur le monde, sur les autres. J’aime cette idée et j’aime ceux qui ne se contentent pas de les penser mais les mettent en pratique.

    Malheureusement la boxe ce n’est pas que cela. Il existe un visage plus sombre qui vient de se montrer aux JO.

    L’élimination de Vastine en demi-finales et les larmes du français nous ont laissé un goût amer…L’arbitrage a été mis en cause de façon extrêmement virulente sur ce combat mais en général. Les rumeurs de corruptions ont (re)commencé à ramper...jusqu’à hier…Hier un événement rocambolesque s’est passé. Un Officiel roumain du nom Obreja a improvisé une conférence de presse pour accuser certains membres de la fédération internationale. Un de ses représentants est venu l’en empêcher. Durant la conférence, le Sud-Coréen Ho Kim est entré en annonçant que celle-ci n’était pas autorisée par l’AIBA (Association Internationale de Boxe Amateur) et devait être interrompue. Il a ensuite coupé les micros afin d’empêcher Obreja de continuer. Suspendu par l’AIBA, il devra maintenant comparaître devant les instances disciplinaires de l’AIBA.

    Mais celui-ci est décidé à ne pas se laisser faire. Il déclare “Les règles de l’AIBA disent que les délégations pour chaque match se font par ordinateur. Or eux ont changé presque à chaque fois un, deux, voire trois juges, sans mon approbation, mais avec celui du seul président de l’AIBA, qui n’a aucune juridiction durant les Jeux“, a-t-il déclaré. “C’est une manipulation grossière. Une tentative de me discréditer. Ho Kim a manipulé de l’argent noir lors du congrès de novembre 2007. Et c’est grâce à lui que l’actuel président de l’AIBA, le Taïwanais Wu Ching-Kuo, est arrivé au pouvoir.”

    Bel échange d’amabilité, n’est-ce pas ?

    En attendant le CIO a diligenté une enquête.

    La polémique ne fait que commencer…

    La boxe est profondément humaine lumineuse et ténébreuse à la fois..

     

    En attendant à Pékin ou à Tourrette-Levens Lions-nous !

     

    Serge

     

    August 22

    Le baiser avec la langue discipline Olympique?...

    Ni Hao,

     

    Le BMX fait une entrée fracassante dans le giron olympique. 2 médailles pour la France, dont une médaille d’Or ! De plus la première médaille d’Or féminine !

    Anne-Caroline Chausson pour l’Or et Laëtitia Le Corguillé pour l’Argent…

     

    Rien que ça !

    .

    Il est peut-être intéressant de revenir sur l’histoire de ce sport moderne, récent et plus que récent pour les JO puisque nouvellement intégré.

     

    D’où vient ce sport ?

     

     « …Le BMX (en anglais : bicycle moto cross) est apparu à la fin des années 60 en Californie, alors qu’au même moment le moto cross devenait un sport très populaire aux Etas-Unis.
    La version motorisée de ce sport a été la source dans le besoin d'inspiration du BMX. Enfants et adolescents animés par le désir de pratiquer la moto cross alors qu’ils n’en avaient pas les moyens ont donc assouvi leur appétit en participant à des compétitions de vélo sur des pistes qu’ils construisaient eux-mêmes. Et pour que l’imitation soit plus fidèle, ces jeunes aventuriers se sont habillés avec des équipements de moto cross. Le sport a pris le nom de BMX et le concept fut adopté.
    La compétition de BMX offre à moindre frais et proche de chez soi l’excitation d’un sport d’action. Il est facile de comprendre pourquoi le sport connut immédiatement un véritable engouement. C’est en Californie qu’il fut le plus populaire. Au début des années 70, une structure de régulation des courses fut créée aux Etats-Unis. Elle est considérée maintenant comme le début officiel de la compétition. Au cours de cette même décennie, cette pratique fut introduite sur d’autres continents et à travers l’Europe à partir de 1978.
    En avril 1981 a été créée "International BMX Fédération" (Fédération Internationale de BMX) et les premiers Championnats du monde se déroulèrent en 1982. Le BMX se développa rapidement comme un sport à part entière et après plusieurs années, il trouva plus de points communs avec les codes du cyclisme qu’avec ceux du moto cross. Depuis janvier 1993, le BMX a été totalement intégré à l’Union Cycliste Internationale… »

     

    Il faut rajouter maintenant son entrée dans l’Olympisme aux JO de Pékin.

    Ce que je retiens de ce bref historique est que c’est un sport de « la démerde ». En résumé, des gamins veulent faire le sport à la mode de l’époque, le moto-cross mais n’ont pas les moyens de se payer une moto. Qu’à cela ne tienne ils prennent des vélos, mettent des casques et font le bruit des moteurs avec la bouche…

     

    Pour la France, le BMX est arrivé en France 1980.

     

    18 ans après c’est le sacre Olympique.

     

    Cela me permet de revenir un peu sur le mode d’intégration des disciplines aux JO.

    Le CIO reçoit les candidatures des disciplines demandeuses, il les étudie selon un tableau de 33 critères (que je n’ai pas réussi à retrouver…si un villageois les a…) qui tourne autour de l’Esprit Olympique (lutte anti-dopage, l’histoire du sport, popularité, universalité, l’esprit…)…puis prend une décision…

     

    Bon je sais c’est vague et surtout c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres pour faire simple…

     

    Parce si l’on prend certaines disciplines et bien….bon faudrait m’expliquer.

     

    En tous les cas, on connaît les sept candidatures pour 2016 :

    -          Le karaté

    -          Le Squash

    -          Le Rugby à 7

    -          Le Roller

    -          Le Golf

    -           

    Rajoutons à cela deux disciplines qui seront exclues après Pékin et qui vont représenter leur candidature pour réintégrer les JO :

    -          Le Soft Ball

    -          Le Base  Ball

     

    La décision sera prise en 2009 en même temps que la ville hôte pour ces Jeux 2016…

     

    Le BMX est arrivé à passer le cap et tant mieux pour la France !

     

    Je reviens sur l’importance des médailles d’Or pour un pays (cf. billet précédent) et bien, il serait bon de déposer quelques dossiers supplémentaires de  disciplines à intégrer …

     

    Je propose : La Pétanque, la Force Basque, la fraude fiscale ou encore le baiser avec la langue plus connu sous le nom de French Kiss…

     

    Si vous avez des idées, n’hésitez pas…

     

    Lions-nous !

     

    Serge

     

    PS : Ondine ravi de nous retrouver autour de l’Empereur, le Négus….

     

    August 21

    Serge et les drôles de dames ...

      
    Video: La chasse aux bisous continue

    Bob Marley père du sprint jamaïcain...

    Ni Hao,

     

    Si je vous dis 300  millions d’un côté et 2,6 millions, si je vous dis 3 d’un côté et 9 voir 11 de l’autre, de quoi vous parle-je ?

     

    Et bien ces chiffres incroyables révèlent l’étonnant rayonnement du sprint jamaïcain  sur le sprint américain et le sprint mondial en général.

    Détaillons : les USA comptent environ 300 millions d’habitants et la Jamaïque 2,6 millions. Les USA ont obtenu 3 médailles au sprint dont aucune d’Or et la Jamaïque 9 médailles dont 5 d’Or (soit une médaille d’Or de plus que TOUS nos athlètes !...).

     

    C’est inouï, stupéfiant, extra-terrestre ! Je ne m’associerai pas aux loups hurlant leurs sous-entendus et jetant sur ses performances un tombereau de suspicion. Ils crient à tous les vents que les jamaïcains ont pris les méthodes américaines et plus précisément les mauvaises méthodes à savoir le dopage. Cela ne m’intéresse pas.

     

    Je comprends que dans le contexte actuel on y pense mais je défends une vision factuelle en matière de lutte anti-dopage. Il faut être factuel. Si l’on reste dans la rumeur ou dans le sous-entendu on dessert le sport et la lutte anti-dopage elle-même. Le sport car cela sous-entend un « Tous pourris » nocif et la lutte anti-dopage car cela sous-entend une inefficacité patente.

    Je suis pour une objectivité n’interdisant pas le rêve. A savoir qu’aujourd’hui toute performance « hors normes » comme celle des jamaïcains doit poser question mais avec les progrès de la lutte anti-dopage (et ils sont réels avec notamment la possibilité de congeler des échantillons afin de les analyser avec des méthodes à venir…) on doit les apprécier en deux temps. Primo lorsqu’elles sont réalisées, deuzio lorsqu’elles sont confirmées (quand elles le sont) plusieurs mois plus tard par l’absence de contrôles positifs.

    Mais respectons ces deux temps.

     

    Non je voudrais vous parler de l’histoire si particulière de la Jamaïque.

     

    Ce petit pays caribéen possède une histoire remarquable qui l’a déjà fait rayonner dans le monde entier. Il a été le berceau de la conscience politique de la culture noire dans le monde. Un certain Marcus Garvey dans les années 20 a été le précurseur des grands leaders noirs. Il est aussi celui qui a prédit l’arrivée d’un prophète noir en Afrique…Celui-ci arriva quelques années plus tard et se nommait Hailé Séllasié, empereur d’Ethiopie et fut considéré comme le messie…

     

    La Jamaïque fut ainsi le berceau de « l’Ethiopianisme » qui désignait ce courant

    politique du début du siècle prônant la réunification de l’ensemble de la population noireet le retour en Afrique. L’Ethiopie désignant l’Afrique dans son entièreté. Des liens étroits furent tissés entre cette petite île et la corne de l’Afrique.

     

    Plus particulièrement ce lien s’étoffa dans le temps à travers la structuration d’une religion tout à fait particulière et connu par sa musique : le reggae.

    Le reggae est issu du culte de Rastafari, donnant leur nom au fameux Rastas. Or Ras Tafari n’est autre que…Haïlé Selassié. Celui-ci ayant changé de nom lors de son sacre en 1930.

    Les Rastas sont des chrétiens reconnaissant Haïlé Sélassié comme la nouvelle incarnation du messie.

     

    Le plus célèbre de ces Rastas est évidemment Bob Marley. Je vous invite d’ailleurs à réécouter les chansons de Marley à la lumière de ces informations (pour ceux qui ne les connaissaient pas) et vous y verrez les thèmes récurrents du retour en Ethiopie (au sens panafricain du terme) ou de Haïlé Sélassié. Particulièrement la chanson  « War » qui n’est ni plus ni moins que le discours de l’Empereur aux Nations Unies mis en musique ou encore celle plus connue « Iron like a Lion in Zion » qui parle de l’Empereur (le Lion) en Ethiopie (Zion ou sion ou la terre promise)

    Haïlé Sélassié donna même des terres à la diaspora noire pour venir s’installer en Ethiopie dans le mythe du retour à la Terre promise. Pour ceux que cela intéresse elles se situaient à Shashemen au sud d’Adis Abeba…

     

    En tous les cas, la Jamaïque a été un phare du vingtième siècle, sur le plan politique, sur le plan religieux et musical.

    Maintenant, il y aura l’athlétisme et notamment le Sprint….Quel Pays !

     

    Voilà je voulais faire ce lien entre le sprint jamaïcain et le fond éthiopien à travers l’histoire et le reggae…une gageure.

     

    Ah au fait les Rastas sont divisés en trois branches, les Chauves, les Barbus et les Dreadlocks (venants de Locks ou nœud en anglais et Dread qui veut dire effrayants). Ils portent le Drapeau Ethiopien. Ils sont végétaliens, ne boivent pas d’alcool mais fument le chanvre qu’ils considèrent comme une herbe sacrée.

     

    De là à dire que Bob Marley est le père du sprint Jamaïcain...

     

    Lions-nous !

     

    Serge

     

    August 20

    Adorons nos idoles sans être obsédés par le Veau d'Or...

    Ni Hao,

     

    30ème médaille pour la France ce jour avec Julien Bontemps en planche à voile RS. Ce  véliplanchiste monte sur la seconde marche du podium et nous ramène l’argent.

     

    Et qu’entends-je ? Qu’ouie-je ? La déception gronde. La polémique s’apprête à bondir hors de ses gonds.

     

    Le thème ? La France reste scotchée à seulement 4 médailles d’Or et conséquemment à la 11ème place du classement mondial…des médailles d’Or.

     

    Car il ne vous aura pas échappé que ce classement est LA référence absolue. L’alpha et l’oméga des politiques sportives. C’est à l’aune de ce nombre magique, ce nombre d’Or si j’ose dire, que les états se mesurent. Et je voudrais m’en insurger (du calme auguste pharaonne…je m’insurge toute proportion gardée).

     

    M’en insurger car ce classement a des attraits certes. Notamment celui d’être simple à comprendre et à établir. N’importe qui peut d’un seul coup d’œil et d’un clic d’internaute peut l’établir de son propre chef. Ainsi tous les médias nous en abreuvent et arrivent, avouons-le à nous transmettre le virus. Nous avons évoqué en début d’olympiades ce sentiment patriotique suscité par ce classement mondial. Un côté « Intervilles » (pas la peine de m’inonder de commentaires d’insultes croyant que je dénigre l’Olympisme, c’est du second degré…) qui n’épargne personne.

     

    Mais relativisons les amis car hormis ce côté ludique de la chose, ce classement n’a pas l’importance qu’on lui donne. Pour vous démontrer cela je vais emprunter les chemins de l’absurde.

     

    Prenons Michaël Phelps ce champion américain qui ramène huit médailles d’Or à son pays. S’il se réveille demain matin et demande l’indépendance de sa maison familiale à Baltimore, son pavillon de campagne deviendrait la troisième nation sportive du Monde !...Pas mal non ?

     

    Moins absurde si une nation, forte d’arguments sonnants et trébuchants, proposait de naturaliser Phelps et si celui-ci pour faire plaisir à son banquier, disait oui. Cette nation, prenons par exemple la Principauté de Monaco, deviendrait elle aussi la troisième nation mondiale derrière la Chine et les USA !

     

    Tout cela pour dire que des médailles d’Or c’est bien mais c’est un peu court !

    Une politique sportive, sa force, son efficacité se mesure à travers le nombre de pratiquants, de licenciés et si l’on doit comptabiliser les médailles alors intégrons les médailles d’argent et de bronze.

     

    Alors si il y avait un classement à tirer des JO, je l’établirai avec toutes les médailles et même avec tous les classements de tous les athlètes d’une délégation. En y mettant des coefficients modérateurs et de pondération savamment calculés. Cela refléterait quelque chose de plus large que ces seules médailles d’Or.

     

    Si j’insiste là-dessus, c’est que ces médailles ont tendance à être l’alpha et l’oméga des médias, du public et de la politique sportive.

    Le savez-vous mais après les JO, le bilan est tiré de ce classement, fédération par fédération, les bons et les mauvais points dont distribués.

     

    Vous avez eu des médailles ? Bravo vous avez droit à la reconduction de vos moyens voir même à un petit plus afin de nous ramener…d’autres médailles d’Or aux prochains JO ! Vous n’avez pas eu de médailles ? Désolé mais ça ne va pas le faire ! Vous n’avez qu’à vous débrouillez avec la moitié du budget des quatre dernières années et repassez dans quatre ans…si vous avez des médailles !*

     

    Je caricature à peine !

     

    Certains pays poussent même le raisonnement jusqu’au bout en n’inscrivant des athlètes que dans les disciplines susceptibles de ramener l’Or…C’est le cas de la Chine qui par exemple a complètement fait l’impasse sur l’athlétisme en reconnaissant que cela ne l’intéressait pas. Plus proche de nous, la Grande-Bretagne a délibérément  choisi dix disciplines, leur a donné des moyens considérables, au détriment des autres afin de ramener des médailles d’Or de Pékin et surtout de Londres 2012…

     

    Un choix politique fort, assumé !

     

    La France n’a pas (pour l’instant !) ce genre de politique car elle privilégie la dimension sociétale du  sport avec ces 175 000 associations et ses 30 millions de pratiquants.

     

    Mais avec cette obsession de l’Or...je dis attention. Que cela ne soit pas le début...de la fin d’une politique plus sociale.

     

    Et quand je dis cela, je ne pense pas simplement aux politiques (Bernard si tu m’entends…) mais aussi à tous. Nous les médias, mais vous aussi consommateurs de sports…

     

    Alors apprécions nos idoles sans être obsédés par le veau d’Or Olympique …

     

    Et Lions-nous !

     

    Serge

    August 19

    Liu ne courra pas mais la rumeur si...

    Ni Hao,

     

    Je vous parlais hier des conséquences possibles du forfait de la star Liu Xiang, première médaille d’Or chinoise de toute l’histoire de l’athlétisme olympique.

     

    A 24 heures de ce coup de tonnerre faisons un tour d’horizon des réactions.  

     

    D’abord, à tout seigneur tout honneur commençons par l’intéressé lui-même.

    Liu a présenté ses excuses dans la presse. Morceaux choisis.  

     

    « Je souhaite remercier tous les gens pour leur soutien, je voudrais dire à tout le monde excusez-moi, dire pardon » peut-on lire dans Le Quotidien des Sports de la Chine, organe officiel de l’Administration des Sports.

    Dans une interview enregistrée lundi soir et diffusée mardi par la télévision nationale CCTV, Liu Xiang a expliqué que la douleur était trop forte.

     

    « Je ne savais pas que les choses se passeraient ainsi, je voulais m’accrocher mais je n’ai pas pu, c’était intolérable (…) Il y avait tellement de gens pour regarder la course, je suis désolé, le me suis dit je dois courir, mais j’ai finalement abandonné. Quand je suis entré dans le stade, j’ai vu tous ces gens qui me soutenaient et m’acclamaient. Ils sont venus spécialement pour moi, mon sang n’a fait qu’un tour, je me suis dit que je devais courir, que je ne pouvais pas abandonner (…) Mais la douleur au pied était trop forte et j’ai dû abandonner les JO, je n’arrivais pas à croire que c’était vrai. (…) Quand les JO ont été attribués à la Chine, j’avais 18 ans. Depuis je n’ai cessé de penser à ma participation à la compétition pour les JO de Pékin, je n’aurais jamais pensé que j’abandonnerais sans avoir participé aux qualifications, mais c’est comme ça »

     

    Voilà donc pour Liu.

     

    Dans l’ensemble la position de la presse, qui est extrêmement cadrée dit-on,  est celle du soutien affectif de l’athlète.

    Dans cette lignée les dirigeants du PCC, le Parti Communiste Chinois ont adressé un message de soutien à Liu. Les dirigeants du Parti se déclarant même « préoccupés par la blessure de l’athlète ».

     

    Sur Internet les choses ne sont pas si unanimes et certains blogueurs n’hésitent à exprimer leur mécontentement en fustigeant le silence dans lequel les chinois (et tout le monde) ont été maintenus ou bien en critiquant Liu de ne pas  avoir essayer. Mais Internet est ici très contrôlé donc il est imaginable que d’autres messages trop négatifs ne passent pas.

     

    Mais le débat le plus intéressant est celui autour de ses sponsors. Vous devez savoir tout d’abord que Liu est la deuxième personnalité sportive chinoise la mieux payée derrière le basketteur Yao Ming avec des revenus s’élevant à 23,8 millions d’euros. Liu représente une 20aine de marques Amway, Yiki Dairy, Visa, Lenovo, China Post, les cigarettes Baisha (sic), China Mobile, HSBC, Coca-Cola …Pour le moment aucune a retiré son soutien. Mais la marque la plus exposé et celle qui a le plus à perdre est sans conteste l’équipementier Nike.

     

    Tout d’abord parce Nike a beaucoup misé sur Liu aux jeux de Pékin pour contrer son concurrent Adidas partenaire officiel des JO qu’il devance sur le marché chinois avec 16,7% de parts de marché contre 15,6% pour Adidas.

     

    En 2004, quasi inconnu dans son pays, Liu Xiang était devenu une star du jour au lendemain lorsqu'il avait gagné le 110 m haies aux Jeux olympiques d'Athènes. Les Chinois avaient été surpris, pas son sponsor : dès le lendemain, Nike diffusait un spot de publicité où le nouveau héros détruisait la piste, avec ce message : "L'Asie manque de muscle ? Les clichés sont faits pour être brisés." Rebelote deux ans plus tard, lorsque Liu a battu le record du monde à Tokyo. Nike, toujours, avait aussitôt sorti un film avec le chiffre magique, 12 s 88.

    Selon le magazine spécialisé Chineese Business News, la cote de l'athlète avait alors quadruplé, pour dépasser 12 millions de yuans (1,2 million d'euros) par contrat.

    Alors que dit Nike ?

    Et bien dans la lignée des dirigeants du PCC, les dirigeants de Nike soutiennent leur athlète. Mais, il y a mais…

    Ce matin en effectuant une rapide revue de presse, j’ai été surpris par la réactivité de l’équipementier américain qui a acheté la dernière page du China Daily pour y mettre une publicité qui devait être dans les tuyaux depuis un moment. Cette publicité est un immense portrait de Liu, avec ce slogan : "Aime risquer ton honneur, (…) aime la gloire, aime la douleur. Aime le sport même si il brise le cœur. Just do it." Massimo Giunco, responsable de la communication de Nike, a expliqué au Monde que l'athlète avait été consulté : "Nos rapports sont excellents et le resteront."

    Ce qui est sûr c’est que Nike avait préparé le coup. Il n’en fallait pas plus pour que la rumeur démarre. Rumeur selon laquelle ce serait Nike qui aurait demandé à Liu de ne pas participer par crainte d’une défaite. Cette rumeur est partie sur Internet à la suite d’un long article publié par une personne se disant proche de Nike et affirmant que Liu remis de sa blessure aurait pu courir mais que l’équipementier n’aurait  pas voulu prendre le risque d’une défaite…

    Cette rumeur a suffisamment enflé pour que Nike réagisse par un communiqué officiel et demande une enquête des autorités pour retrouver l’auteur de l’article…

    Nous l’avions dit ce forfait aura des conséquences dépassant le cadre sportif. C’est le cas sur le plan marketing…

     

    Et Lions-nous

     

    Serge

     

    August 18

    Et le Tendon d'Achille du colosse chinois lâcha...

    Ni Hao,

     

    Les Chinois avaient tout prévu. Absolument tout ! Ils avaient même pris des précautions incroyables, tellement incroyables qu’elles en étaient critiquées.

     

    Je rappelle pour ceux qui dormaient qu’ils ont envoyé un feu d’artifice virtuel dans les tuyaux de toutes les télévisions du Monde, tout cela parce qu’ils estimaient que la visibilité n’était pas assez bonne. Qu’à cela ne tienne, ils avaient filmé une répétition et prévu le coup. Ni vu connu, ils ont mis à l’écran la répétition !...Enfin quasiment ni vu ni connu puisqu’on en parle aujourd’hui.

     

    Ensuite, ils ont organisé un « double play back » avec la petite chanteuse de la cérémonie d’ouverture. Là aussi je reviens sur l’histoire. Estimant que la chanteuse présente à la cérémonie avait le physique officiel mais pas la voix. Ils ont pris la voix d’une autre (qui n’avait pas le physique) et on fait un play back. Là aussi, ils ont été pris la main dans le pot de confiture puisque nous en causons.

     

    Il y a certainement plein d’autres choses que nous ne savons pas et qui relèvent de la même logique. Mais une chose symbolise cette volonté de maîtrise absolue sur l’univers olympique : le coup de l’orage.

     

    La veille de l’entrée en piste de l’athlètisme, un ciel menaçant couvrait la mégalopole de Pékin. Le risque d’annulation de la journée d’athlétisme pour cause d’intempéries était réel. Qu’à cela ne tienne, les jardiniers de la ville ont sorti les canons de la DCA et ont fait pété les obus. Vous savez certainement que ce n’est pas une plaisanterie. Par un procédé chimique (que d’autres pays utilisent) qui ensemence les nuages d’Iode d’Argent, ils ont fait exploser un orage dantesque la veille. Résultat des courses. Une pluie de grêle « findumondesque » sur Pékin entraînant l’annulation du canoë (mais c’est moins grave que l’athlétisme). Par contre le lendemain un ciel d’un bleu azur comme les pékinois n’en avaient certainement pas vu depuis longtemps !

     

    Donc voilà, les chinois déroulaient jusqu’à aujourd’hui une partition parfaite, se rapprochant de leur objectif de montrer à l’ensemble de la planète leur efficacité et leur puissance.

     

    « Déroulaient » j’utilise l’imparfait car depuis ce matin, ce n’est plus la même limonade. La machine de guerre chinoise vient de subir un imprévu dont j’ai du mal à mesurer les conséquences.

     

    Le forfait de Liu, cette icône du 110 mètres haies, héros et stars de tous les chinois et qui devait incarner l’hégémonie chinoise. Je rappelle que la Chine ne voulait pas simplement montrer qu’elle était capable d’organiser des JO parfaits et gigantesques. Elle voulait également finir en tête des nations au classement des médailles d’Or, le seul qui compte. Pour cela, elle n’avait pas lésiné sur les moyens. Alors qu’à Athènes 407 athlètes chinois défendaient le drapeau rouge aux 5 étoiles, 637 le font à Pékin. Des moyens colossaux ont été donnés au sport chinois pour atteindre l’objectif. Une légion d’entraîneurs étrangers ont été recrutés (notamment français en escrime) pour élever le niveau des disciplines qui en avaient besoin. Résultat des courses à mi-jeux les chinois sont numéro 1 au classement et ont déjà battu le record de médailles d’Or obtenues à Athènes soit 32 !

    Donc jusqu’au forfait de Liu, même la glorieuse incertitude du sport ne venait pas entraver la marche en avant chinoise.

    Mais l’histoire en a décidé autrement. Le tendon d’Achille du colosse, au propre comme au figuré, a lâché…comment ne pas y voir un symbole ?…

    Loin de me réjouir de cette blessure de Liu, je veux simplement souligner que ce forfait n’a absolument pas la valeur d’un simple renoncement d’un athlète, comme cela pourrait être le cas dans d’autres circonstances.

    D’ailleurs si vous avez vu les images rocambolesques de son forfait, c’est la démonstration que ce forfait était tout simplement ingérable pour tous ceux qui étaient concernés…

    Je ne suis pas sinologue, je l’ai déjà dit et ce n’est pas les 8 jours passés dans ces Jo qui me donnent un début de légitimité. Cependant je suis persuadé que cet événement, dans cette culture, à ce moment de l’histoire chinoise peut avoir des conséquences importantes. Et ce dès les jours suivants. Il va falloir regarder comment, dans ce pays où « perdre la face » est impensable, sera gérée cette affaire.

    Par son entourage, par les organisateurs, par les dirigeants sportifs et politiques, par la presse et par le peuple chinois…

     

    Je suis preneur de tous les avis de gens plus éclairés (et aussi moins éclairés).

     

    Et bien sûr, lions-nous

     

    Serge

    la médaille d'Or de la boulette...

    Ni Hao,

     

    Ce soir c’est dimanche, c’est relâche….Pas de coup de gueule, d’effet de manche, de terrassage de moulin à vent. On va faire dans le léger, dans l’anecdote ou plutôt dans la boulette l. Et s’il y avait une médaille de la boulette, elle reviendrait sans l’ombre d’un doute à un certain Matthew Emmons dit « Emmons le Maudit ».

     

    Son histoire est une histoire de fou. Une histoire qu’aucun scénariste n’oserait mettre dans une fiction. Je ne résiste pas au plaisir de vous la raconter.

     

    En 2004, Matthews Emmons avait raté le titre olympique dans une bourde monumentale. Lorsqu’il s’était agi de tirer pour le titre, Emmons le Maudit avait pris son temps, avait ajusté sa carabine, avait tiré. Un très beau tir. Un seul petit problème, il s’était trompé de cible et avait choisi celle du voisin !....

    Résultat des courses, titre perdu. Effondré, l’américain s’épanchait devant les caméras et les micros du monde entier. Au bout de l’un d’eux une belle tireuse Katerina Kurkova consultante pour la télévision tchèque. Terriblement émue par le malheur de l’américain, elle s’empressa de ….l’épouser. Une belle histoire d’amour qui compensa cette terrible bévue !

     

    A l’époque les autres tireurs étaient particulièrement attérés et pensaient que Pékin allait être sa revanche…

     

    Mais il y a des jour, des années voir des vies où l’on ferait mieux de restés couchés comme dit le proverbe.

     

    Et donc voici donc notre « Emmons le Maudit » arrivant tout pimpant dans la capitale de l’Empire du Milieu avec comme objectif de rétablir l’ordre mondial olympique.

    La compétition se déroulait particulièrement bien sous les yeux de son épouse toujours en place, la belle Katarina.

    Arrive le dernier tir…Tout le monde retient son souffle. Tout le monde, même ses adversaires souhaitant que rien d’étrange ne vienne barrer la route de son titre.

    Emmons se met en position. Il choisit la bonne cible (sic). Rien ne semble pouvoir maintenant arriver.

    Pour entrer dans la technique, nous sommes dans le tir à la carabine 50m trois positions. Il est en tête, c’est le dernier tir de la journée, le 130ème pour lui. L’Américain n’a qu’à obtenir un 7, une formalité pour une tireur de sa trempe. Il est en place et comme à l’accoutumée il remonte lentement sa carabine vers la cible, la bonne (re-sic). Le doigt est appuyé sur la gâchette, en tension. Il remonte encore et…Pan ! Le coup part avant ! Pas dans son pied mais presque, en bas de la cible.

    La sanction tombe, un 4,4. Le podium s’envole. Une nouvelle fois la poisse olympique lui tombe dessus ! Dans les tribunes Katarina est pétrifiée !

    Un Chinois Qiu Jian sera donc champion olympique devant l’Ukrainien Jury Sukhorukov et le slovène Rajmond Debevec. Mais aucun ne saute de joie, tous sont atterrés par ce nouveau malheur frappant Emmons !...

    On ne me demande rien mais j’en envie de donner un conseil. Ou plutôt deux. Un pour lui, de faire exorciser sa maison et un autre pour sa femme, de ne pas laisser une seule journaliste femme s’approcher de son malheureux mari…

     

     

    Cela dit lions-nous

     

    Zia Jian

     

    Serge

    PS : ravi de (re) lire notre pharaonne préférée…même si un profond désaccord nous oppose comme les deux rives du Nil…

    August 16

    Un des meilleurs tireurs de France ..célibataire

     
    Video: Un des meilleurs Tireurs de France

    la colombe s'est fait pousser une paire de c....

    Ni Hao,

     

    J’EN AI MARRE….J’AI ENVIE DE METTRE LE BAZAR !

    Pourquoi ?...

    Parce qu’après la pantalonnade de hier en escrime laissant notre remplaçant de l’épée par équipe hommes, Jean-Michel Lucenay, sur le bas-côté de la route Olympique (cf. le billet d’hier), le CIO récidive dans l’imbécillité !

    Aujourd’hui il vient de dégrader, destituer, déshonorer un athlète parce qu’il a osé manifester son mécontentement en public, enfreignant par là, la sacro-sainte charte Olympique.

     

    Resituons le contexte (même si Juju nous l’a brillamment fait juste après l’événement). Dans la catégorie des -84kg, le suédois d’origine arménienne Ara Abrahamian a obtenu la médaille de bronze. Or celui-ci était particulièrement mécontent (c’est un euphémisme !) de l’arbitrage qui l’avait éliminé de la demi-finale et donc écarté d’une possible médaille d’Or…

    Lors de la cérémonie de remise des médailles, celui-ci était donc monté sur le podium à contrecœur puis en était descendu pour aller déposer la médaille au centre du tapis de lutte en guise de protestation…

     

    Outrage absolu pour les grands chefs du CIO…

     

    Résultat des courses ils se sont réunis (trois personnes dont l’ex-athlète Sergueï Bubka) et ont pris leur courage à deux mains : ils ont décidé de retirer la médaille à l’athlète, de lui retirer son accréditation, le jetant à la rue par la même occasion (sans accréditation, pas de village olympique donc pas de logement et certainement pas de visa !...)… En gros, un taxi et la gare ! La colombe s’est fait pousser une paire de c…. (cf. encore le billet d’hier)

     

    Scandaleux, je ne sais plus trouver les mots….

     

    Quand il s’agit d’affronter les dirigeants chinois, quand il s’agit de faire respecter la Trêve Olympique (cf. le billet d’hier itou) alors là par contre, il y a moins de monde au balcon…Silence radio !

     

    En ce qui concerne la guerre en Georgie, avez-vous entendu un seul dirigeant se prononcer sur le nécessaire respect de la Trêve ? Ne cherchez pas, rien, walou…

     

    Par contre quand il s’agit de dire aux escrimeurs français de laisser leur pote de côté ou bien de foutre dehors le lutteur suédois, alors là y a du monde…

     

    Mon passé de président du syndicat des joueurs de Rugby se tord de douleur…je ne supporte pas cette éternelle mécanique qui fait que les têtes à tombées sont toujours les mêmes : celles des athlètes !

    J’ai connu cela dans mon sport. Au-dessus de nos têtes de joueur, les clubs, au-dessus des clubs la Ligue Nationale de Rugby, au-dessus de la Ligue l’ERC (qui gère la Coupe d’Europe), au-dessus toujours la Fédération Française de Rugby et enfin tout au-dessus l’IRB (International Rugby Board).

     

    Quand un problème se présentait et que j’essayais de trouver des solutions, cela se résumait à  la cascade de réponses suivantes :

    - Bouger l’IRB ? Impossible, c’est trop compliqué !...

    - Bouger la Fédé ? Impossible, c’est trop compliqué !...

    - Bouger la LNR ? Impossible, c’est trop compliqué !...

    - Bouger les Clubs ? Impossible, c’est trop compliqué !...

    - Non…la solution c’est que les joueurs fassent un effort…

     

    Toujours la même chose, le joueur, l’athlète, le sportif est toujours le maillon faible de la chaîne !...C’est le plus facile à soumettre….à punir, à contraindre….

     

    Sauf quand ils s’organisent…le syndicat des joueurs, Provale, fut cette aventure qui changea le paysage du Rugby…Ce n’était pas parfait, loin de là mais c’était un bon début !....

     

    J’exhorte les athlètes de France mais aussi internationaux à se structurer et à s’organiser.  S’ils veulent que les choses bougent, il faudra en passer par là, sinon ils seront toujours les dindons de la farce olympique…

     

    Plus que jamais et avec les athlètes lions-nous !

     

    Zai Jian

     

    Serge

     

     

                                              -

    August 15

    Jusqu'où les dirigeants du CIO s'arrêteront-ils?

    Ni Hao,

     

    Quand je vous dis Boris Sanson et Jean-Michel Lucenay à quoi pensez-vous ?...Moi, je pense à me transformer en terroriste à la crème et aller entarter les membre du CIO.

     

    Pourquoi ?

     

    Parce que tout simplement ces deux bonshommes sont frappés de la malédiction du remplaçant.

    Je vous en rappelle le principe.

     

    En escrime par équipe, il y a 4 coéquipiers qui pendant 4 ans vont préparer les JO. Ils vont tout partager, les entraînements à la pelle à quatre, les blessures à quatre, les moments de doutes à quatre, les sacrifices familiaux à quatre, professionnels, financiers (ce sport ne roule pas sur l’or). Ensuite, à quatre, ils vont aller au Jeux Olympiques. A quatre, ils vont s’incrire. A quatre ils vont poser leurs congés pour pouvoir aller les défendre les couleurs nationales. A quatre ils vont prendre leur petit billet d’avion. Réserver leur quatre chambres d’hôtel. Ensuite ils vont se rendre à quatre à la salle d’escrime, puis ils vont s’inscrire au combat toujours à quatre. Enfin, à quatre, ils vont gagner le titre Olympique.

     

    Mais ils monteront sur le podium à trois !

    Le remplaçant n’est pas considéré comme champion Olympique !

    Evidemment on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec des sports plus connus comme le…Rugby, le Football mais aussi des sports bien Olympiques comme le Handball. Imaginez une seule seconde que les remplaçants et remplaçantes de ces sports là ne soient pas considérés comme champions Olympiques.

     

    Comment cela est-il possible ? Comment cela est-il encore supporté par les athlètes ?

    De deux choses l’une, soit il est impossible d’amener un remplaçant et le titre est bien à trois. Soit on inscrit des remplaçants et alors il est inacceptable de que ceux-ci soit exclus de la récompense. C’est anti-sportif, c’est contraire à tout le socle de valeur que nous sommes censés porter. En un seul mot C’EST NUL !!!!

     

    Alors les "casse machins" tatillons me diront qu'ils n'avaent pas inscrire un remplaçant puisque ce n'est pas obligatoire comem en football ou dans les sport que j'ai cité plus avant. Je leur répondrai que si une équipe prend le risque de n'inscrire que trois tireurs, en cas de blessure elle sera exclue de la compétition!...Elle n'aura pas le droit de remplacer son athlète blessé...C'est pourquoi aucun nation ne prend le risque de faire les JO avec seulement trois participants!

     

    Résultat des courses, quand une équipe digne de ce nom est en passe de devenir médaillée, les trois titulaires ont recours à un stratagème grossier qui est de feindre la blessure. C’est ce qu’il s’est passé lors de cette finale France-Pologne d’escrime par équipe du côté des hommes.

     

    A un moment donné, Jérôme Jeannet interrompit l’assaut pour se plaindre de son poignet. Une scène grotesque se déroula devant les milliards de téléspéctateurs. Trois juges vinrent « examiner » le poignet incriminé. Tout le monde evidemment sait à ce moment là qu’il s’agit de cinéma destiné à faire entrer Jean-Michel Lucenay le remplaçant. On s’attendait à ce qu’ils entérinent la sortie de Jeannet mais…non ! Ils demandèrent à Jeannet de remonter en piste, lui donnèrent un carton rouge et nous infligèrent une touche de pénalité !

    C’est une deuxième couche à la connerie car médicalement je ne vois pas ce qui aurait empêcher à Jeannet de refuser de remonter en maintenant se position. Rien médicalement ne permettait à ces trois juges de passer au-delà de l’avis de l’escrimeur. Une entorse minime ne donne aucun signe clinique apparent sinon la douleur….Donc tout le monde joue, y compris les juges !

     

    Au final un podium triste pour les français, un petit incident protocolaire puisque Lucenay est quand même monté pour la photo officielle permettant à la France d’être 4 sur le podium comme les deux autres équipes, la Pologne et l’Italie.

     

    Encore une belle connerie de dirigeant  à dénoncer et à changer !

     

    En tous les cas et avec Lucenay, lions-nous

     

    Zai Jian

     

    August 14

    Le jour où les colombes auront des couilles ....

    Ni Hao,

     

    Laure est revenue, Laure a de nouveau replongé dans le bassin, Laure a de nouveau performé et surtout Laure a de nouveau souri. C’est certainement cela la chose la plus importante de ce retour pour les séries du 200 mètres dos auxquelles elle a participé.

    Nous en avons parlé ici ; les inquiétudes étaient grandes. Les raisons de s’inquiéter tout autant. Les contre performances ajoutées à son parcours chaotique de ses derniers mois et puis surtout ses larmes versées lors de l’entretien avec notre Nelson Monfort national ne poussaient pas à la sérénité.

    A la sortie de son second raté…Le gentil Nelson n’avait pas été déplacé ou même maladroit mais elle avait craqué…Cette émotivité à fleur de peau, cette tristesse n’étaient pas de bonne augure…Puis le silence. Bien protégée par une fédération à son écoute et bienveillante, Laure n’avait plus donné de nouvelles. Je dois ici louer le comportement de ses dirigeants. Je n’ai entendu jusqu’ici que des paroles très respectueuses des difficultés de Laure, allant jusqu’à déclarer lui laisser le libre choix absolu, que seul son équilibre importait. Ceci étant rare, il faut le souligner. Nous avons plus souvent l’habitude d’entendre des dirigeants extrêmement  directifs et intransigeants. Là c’est tout le contraire. Ils semblent à l’écoute, conscient des difficultés de Laure. Même le secrétaire d’état, Mr Bernie, déclarait de mémoire qu’elle seule devait prendre la décision. Et que quelque soit cette décision, il la soutiendrait…Et puis les médias et le public également semblaient se raisonner et ne pas jeter aux gémonies ce qu’ils avaient adulé auparavant.

    Le malaise de Laure était peut-être si palpable…

    En tous les cas, la question de sa participation se posait. Une première annonce le lendemain confirmait sa participation. C’était déjà un premier signe positif. Les 24 heures passées avaient apaisé les choses. Elle aurait très bien pu, dans un scénario noir plausible, renoncer totalement à ce stade. Mais cette annonce n’écartait pas les problèmes. Elle se présenterait mais arriverait elle au bout de la course ou la lâcherait elle ? Et puis si elle tenait, arriverait elle à se qualifier ? Les réponses à ces questions sont claires : OUI. Mais même avec cette participation, même avec cette qualification on pouvait se poser des questions sur sa tension interne. Avait-elle puisé dans des ressources infinies pour faire face à cette échéance ? Cet effort n’allait-il pas s’avérer très (trop ?) coûteux ? …et puis vînt le sourire de Laure. A tout seigneur tout honneur. Ce fut par celui qui déclencha les larmes que le soleil revînt ! Au micro de Nelson, Laure eût un sourire radieux. Un sourire, ce genre de sourire de trompe pas ! Laure va mieux. Elle a visiblement retrouvé son allant, son élan vital. Il est des situations où le sourire est impossible. Il reste bloqué loin très loin derrière le visage. Les traits restent tirés, tendus, les lèvres pincées. Les larmes affleurent. Dans ces cas là, l’œil médical peut être inquiet.

    Ce sourire est vraiment une très bonne nouvelle. En tout premier lieu pour elle, car sa santé doit primer sur tout ! Et puis pour nous tous car elle va donc aller au bout de ses Jeux et cela est une très bonne chose…

    Après elle prendra sa décision…mais cela se fera loin de cette terrible pression olympique…

    Je suis persuadé que si Laure va mieux c’est aussi ou surtout parce que Laure sait maintenant qu’elle ne sera pas jugée. Elle devait certainement ne pas pouvoir s’avouer à elle-même cette hypothèse de l’arrêt et encore moins l’avouer aux autres. Or elle est maintenant dans le domaine public et de surcroît elle pu constater que l’accueil de ce possible arrêt serait relativement serein. Elle est certainement extrêmement soulagée d’avoir fait ce coming out involontaire et constaté cette bienveillance nationale…et c’est bien !

     

    Par ailleurs, je voudrai attirer votre attention sur une chose…

    Saviez-vous que la Trêve Olympique, l’ekeicheria comme la nommaient les grecs et symbolisée par la colombe devant la flamme, a été réhabilitée en 93. Elle fait partie intégrante de la charte Olympique. Je rappelle le principe. Durant les Jeux les états s’engagent à arrêter tout conflit…Simple et efficace.

    Un petit problème cependant. Lintitulé exacte de la résolution de la charte, que vous pouvez consulter sur l’adresse suivante (http://multimedia.olympic.org/pdf/fr_report_1247.pdf), ne fait qu’inviter les états à respecter cette trêve. Autrement dit…aucune sanction. Autrement dit ils font ce qu’ils veulent.

    Je trouve que le CIO aurait là un bras de levier  extraordinaire pour coller à ses objectifs avoués qui sont de tendre vers une société harmonieuse et pacifique. Il « suffirait » pour cela que le CIO sanctionnent les pays ne la respectant pas. Vous imaginez par exemple ce coup-ci l’exclusion de...la Georgie et de la Russie. Cela serait un geste fort. Cela aurait même pu éviter le conflit…

    Certes les athlètes seraient lésés mais si la sanction était précédée d’un ou deux avertissements. Alors les pays seraient responsables de ce qui arriverait à leurs athlètes.

    Ce serait symbolique mais le CIO serait à la hauteur de ses responsabilités. Ce n’est rien quinze jours de paix tous les quatre ans. Mais justement, si le CIO, qui en a les moyens n’arrive pas à imposer cette simple chose, c’est désespérant…Mais après tout, c’est peut-être utopique d’imaginer un monde où les colombes auraient des couilles !

     

    En tous les cas lions-nous

     

    Zai Jian

     

    Serge

    Serge Simon continue sa collection de bisous

     
    Video: Serge Simon et le Bisou de Lucie Decosse

    Serge, Vincent et les frères Guenot

     

     

     

    August 13

    Vive Steve Guénot, vive la RATP, vive la France...

    NI Hao,

     

    Guénot…La famille Guénot…retenez ce nom. Il va entrer dans vos têtes, dans les têtes de tout un pays. La médaille d’or de Steve Guénot et le doublé familial avec le bronze du frère marque un tournant dans ces JO français.

    Inutile de vous rappeler que nous faisions disette depuis le début de la compétition en matière de médaille d’or et que la première du genre vient détendre l’élastique de tout le monde.

    Alors cette première médaille entre dans l’histoire plus que toute autre médaille et du coup les Guénot aussi.

    C’est une spécificité des JO, cette capacité à monter au pinacle des sportifs venus de l’ombre.

    Il n’y a que cette manifestation capable de faire cela. Prenons des championnats de France, d’Europe ou même du Monde, ils nous laissent, pour pas mal de disciplines, complètement indifférents. Je ne fais pas offense à des sports comme le Badminton, le Tir à l’Arc ou au pistolet, l’escrime ou bien cette lutte gréco-romaine en disant qu’ils n’ont pas les faveurs des médias et donc du public en dehors de cette fenêtre très singulière des JO.
    Il y a donc quelque chose d’autre que la simple dimension sportive dans cette compétition. Quelque chose qui nous accroche l’œil et qui nous tient le ventre. Qu’est ce donc ? Quelle est cette magie enrobant ce barnum monstrueux  et capable de nous scotcher devant nos écrans pour une touche de fleuret féminin aussi invisible qu’une prise de judo au sol ?

    Comment se fait-il que d’un coup, des millions de français, mais aussi des milliards de spectateurs car cette mécanique n’est pas l’apanage des français, deviennent en quelques minutes des supporters acharnés d’équitation ou de pentathlon moderne ?

    La réponse est certainement complexe mais une chose prime devant tout autre : la fibre patriotique !

    Je sais cela peut surprendre et sembler désuet, voir déplacé ou même irritant pour certains mais il serait léger d’écarter cette hypothèse tant elle semble évidente.
    En effet, qu’entendons-nous comme propos illustrant l’absence de médaille d’or depuis quelques jours : « la marseillaise n’a toujours pas retentit » ou bien « la France est en train de reculer dans le classement mondial des nations ».

    Ce qui nous intéresse c’est donc finalement une toute autre chose que la performance sportive de tel ou tel athlète.

    On veut être fier de son drapeau, entendre sonner l’hymne, on veut que notre pays remonte au classement mondial…on est patriote.

    Faut-il s’en offusquer ? Faut-il s’en plaindre ? Faut-il s’en réjouir ?

    Là aussi la réponse est complexe mais globalement, je crois qu’il est bon de se retrouver, même de manière irrationnelle et ludique, sur une vibration nationale. Et peut-être même est-ce bien que cela se fasse sur ce mode là. C'est-à-dire sur un mode purement symbolique !

    D’illustre savant ont déjà analysé ce phénomène, notamment un sociologue allemand du nom de Norbert Elias, qui expliquait la naissance du sport moderne comme un ersatz de la guerre, la vraie.
    Il expliquait que les sociétés évoluant, elles régleraient leurs conflits, elles raboteraient leurs égos nationalistes au travers de cette mise en scène qu’est le sport.
    Il n’avait pas complètement raison, tant les conflits se sont maintenus au vingtième siècle et continuent de se développer de par le monde mais il n’avait pas complètement tort non plus, tant le sport allume chez tout un chacun cette petite flamme cocardière.

    Je ne sais pas si Norbert Elias avait en tête les JO en développant sa thèse mais la folie autour de notre Steve Guénot, agent de sécurité à la RATP dans le 93 et héros national, vient étayer cette idée.

    D’ailleurs à la minute où j’écris cette chronique notre Président à nous, vient de téléphoner personnellement au médaillé. Est-il besoin de rajouter quelque chose ?

    Profitons donc de ce petit moment de plaisir tricolore où l’on se paye un moment de « nationalisme » (je le mets entre guillemets tellement j’ai du mal à ne pas l’assortir de clichés tant négatifs) à bon compte…

    Alors vive Steve Guénot, vive la lutte gréco-romaine, vive la maman Guénot, le papa Guénot, vive la RATP…et vive la France.

     

    Zai Jian et lions-nous

     

    Serge

    August 12

    Serge Simon console Tony Estanguet

     
    Video: Serge simon interview Tony Estanguet

    C'est ou la marseillaise, bernard ?

     
    Video: C'est pour demain la marseillaise

    Aux larmes citoyens...

    Ni Hao,

     

    Une chose s’installe très progressivement durant notre séjour dans cette mégalopole de Pékin : nous ne sommes pas en Chine…

     

    Plus précisément nous ne sommes pas là où nous pensions être. Encore plus précisément nous ne sommes pas dans la Chine que nous imaginions.

     

    Alors commençant par un mea culpa qui s’impose. Que savions-nous de la Chine ?

     

    N’étant pas sinologue, ni fiancé (encore) à une chinoise, je n’avais à ma disposition que des clichés sortis tout droit de Tintin au Tibet (sic), de l’imagerie de Mao  voire en cherchant un peu de Lucky Lucke avec ces petits hommes jaunes nattés qui ouvrent des blanchisserie le long des voies de chemin de fer. Je force un peu le trait, car j’avais aussi quelques notions théologiques à travers Confucius et Lao Tseu.

    En tous les cas des tas de choses plus ou moins simplistes bien loin de ce que je trouve ici.

     

    Pour résumer, nous sommes dans une ville du futur. Une ville à la pointe de la technologie, de l’architecture et des monuments historiques. Impossible de trouver un vieux quartier, des ruelles, des commerçants ambulants, des petites gargotes de rue comme au Vietnam où vous pouvez manger pour presque rien de délicieux mets préparés à ciel ouvert…

     

    Non là des avenues de 1km de large, perpendiculaires les unes aux autres comme les villes américaines. Un métro ultra moderne avec écran plat dans les rames, pas un papier par terre, une odeur de désinfectant éternel et des « encadrants » (policiers, bénévoles, agents de sécurité…) partout. Si vous avez peur de prendre le métro, venez à Pékin, jamais vous ne ressentirez une telle tranquillité…à condition d’être occidental et de venir pendant les JO…Car en dehors des JO, je ne sais pas à quoi ressemble Pékin, tant tout le monde à le sentiment que les Chinois ont monté un énorme décor architectural et humain pour nous impressionner.

     

    En discutant avec quelques français domiciliés ici depuis plusieurs mois ou années, l’impression se confirme. Ils nous disent le changement radical de cette ville dans les dix derniers mois où des quartiers entiers ont été rasés, les habitants expropriés et où des immeubles flambants neufs ont été construits en un temps record…

     

    Ils nous racontent aussi les consignes données pour que les habitant se tiennent à une distance respectable de l’envahisseur Olympique…

     

    Autrement dit très difficile de revenir avec une impression authentique du géant Chinois et de ses habitants. Pour ceux qui aiment les voyages roots, en prise avec le terrain, vous avez bien fait de rester là où vous êtes…

     

    Dans les discussions menées avec ces expatriés enrôlés par les instances françaises pour la circonstance, il ressort aussi autre chose. Nous connaissons mal les chinois mais eux aussi n’ont pas une connaissance très subtile des autres habitants de la planète. Ils fonctionneraient (le conditionnel est de rigueur car je ne prends par pour vérité quelques discussions hasardeuses et tardives) sur des stéréotypes simples et efficaces…Dans ce registre, l’américain est capitaliste, impérialiste et envahisseur. Le français quant à lui est…romantique ! En tous cas jusqu’à l’épisode de la flamme olympique et des protestations de Reporters Sans Frontières. Difficile de savoir si cela changera notre image en tous les cas comme première conséquence ressentie par nos compatriotes domiciliés ici, un véritable sentiment patriotique s’est embrasé durant les dernières semaines et de manière proportionnelle à la protestation…

     

    Pour l’instant nous sommes donc des romantiques !

     

    Et bien je crois que ces JO ne vont pas infirmer cet avis car si les chinois regardent les Jeux et s’ils regardent les français (ce qui n’est vraiment pas certain…), ils auront vu beaucoup de larmes.

    Barbara Harel, Lucie Decosse, Laure Manaudou ont laissé couler leurs yeux devant des milliards de téléspectateurs…

    Privées de médailles d’or pour certaines, de médailles tout court pour d’autres, l’émotion a surgi du plus profond de leurs entrailles…Une émotion à fleur de peau que seuls des romantiques peuvent cultiver à ce point.

     

    Contrairement à nous, visiteurs de ce Disneyland Olympique les Chinois vont être confortés dans leurs clichés…

     

    En tous les cas et même sans l'or (re-sic), lions-nous

     

    Zai Jian         

     

    Serge

     

     

     

    August 11

    Laure doit sortir la tête de l'eau...

    Ni Hao,

     

    Ca y est ça démarre…j’entends les canons de Navaronne commencer à se déchaîner…J’entends les fameux « Je vous l’avais dit ! » les « J’en étais sûr ! » commençaient à suinter des murs de la vindicte…

     

    Je veux parler de la déception vécue et déclenchée par Laure Manaudou dans le 400 mètres nage libre.

     

    Je suis outré par avance de tous les « pisse froid » qui vont descendre la nageuse en arguant des choix qu’elle a faits, des événements qu’elle a déclenchés et subis durant ces derniers mois

     

    Je sens, je sais que Laure fait partie de ces champions qui déclenchent des passions positives…et négatives. Résistons à cette facilité. Laure Manaudou est certes une championne, une icône même et à ce titre elle est « dépossédée » d’une partie de son identité. Comme tous les personnages publiques elle appartient, en partie, au public, aux médias. A ce titre, elle va subir un probable retour de manivelle médiatique.

     

    Ce n’est pas juste.

     

    Depuis le début de son parcours, c'est-à-dire Athènes pour la résumer maladroitement à son parcours d’excellence, elle accumulé les ruptures, les tensions, les conflits. Elle a été exposée à une pression médiatique incroyable, mettant en scène sa vie sportive et personnelle, parfois de manière odieuse. Souvenons-nous de cette pathétique histoire de photos intimes balancées sur internet comme l’on jette de la viande aux fauves….

    Il ne fallait pas être spécialiste de psychopathologie sportive pour sentir à Athènes que cette gamine sortie à peine des eaux de l’enfance aurait du mal à faire face à la terrible machine médiatique qui l’attendait.

     

    Le couple avec Philippe Lucas semblait, même au faîte de sa gloire, porteur d’une fragilité, d’une précarité dont n’était pas indemne Laure elle-même.

     

    Alors oui, l’équilibre apparent s’est déchiré sur les récifs de la célébrité. Mais peut-être pas seulement. Peut-être que parallèlement se jouait une toute autre partie.

    Celle d’une adolescente voulant aussi devenir une adulte. De surcroît une adolescente sportive de haut niveau.

     

    Le sport de haut niveau est un univers vulnérabilisant, de nombreuses études scientifiques  le démontrent. Isolement social jusqu’à la déscolarisation, pression environnementale exacerbée, centration corporelle et sportive autant de facteurs pouvant exclure le jeune d’une maturation ordinaire.

     

    Je pressens chez Laure Manaudou, plus que chez d’autres, cette fragilité. Elle est palpable, tangible. Je ne veux pas être de mauvais augure. Peut-être fais-je fausse route mais j’ai l’impression qu’elle tente difficilement de trouver un semblant d’équilibre.

     

    Qu’à ce titre les médias, dont je fais partie, le public, dont je fais partie aussi, doivent savoir raison garder et ne pas se déchaîner sur cette jeune femme. Encore plus simplement ne pas la juger.


    Derrière chaque athlète ou plutôt devant, un individu se cherche comme tout un chacun. Parfois le statut, le parcours de champion intervient dans cette quête de manière positive parfois plus difficilement. En tous les cas toujours de manière coûteuse et complexe

    .

    Derrière les difficultés de Laure Manaudou, dans les replis de sa célébrité se cache certainement une quête délicate, la sienne, personnelle.

     

    Pour finir sur ce chapitre et l’illustrer, plus que par de simples impressions personnelles, le DTN (Directeur Technique Nationale)  de la Natation française nous apprend aujourd’hui que Laure Manaudou a failli ne pas être aux Jeux Olympiques. Elle était à deux doigts d’arrêter sa carrière…

     

    Pour reprendre un bon mot d’une de mes consoeurs, Marion Detranchant, elle devrait peut-être sortir la tête de l’eau, faire un break. Et puis revenir ou pas…


    Peut-être que cette carrière se résumera à cette fulgurance d’Athènes, peut-être pas.

    En tous les cas, souhaitons à Laure de réussir sa vie personnelle, avec ou sans médaille et appliquons- nous ce que nous demandons sans arrêt aux athlètes : un bon esprit dans la déception.

     

    Plus que jamais, lions-nous.

     

    Zai Jian,

     

     Serge

    PS: merci à Juju le Barbu toujours si prolixe

    PS2: Zai Jian veut dire Au revoir.....